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Quel avenir pour les vols habités américains ?Publié le vendredi 14 août 2009Après la perte tragique de la navette Columbia en février 2003, la Nasa - sous l'impulsion du président Bush - s'est engagée sur une nouvelle voie en matière de vols habités, avec pour ambition de retourner sur la Lune et de préparer le grand voyage vers Mars. Cette réorientation devait initialement se dérouler selon le calendrier suivant : dans un premier temps, achèvement de la Station Spatiale Internationale d'ici à 2010 à l'aide des trois navettes restantes [image 1] puis, dans un second temps, transition vers un nouveau système de transport spatial adapté aux missions au-delà de l'orbite basse, dont la mise en service interviendrait à l'horizon 2014.
Aujourd'hui, cependant, cette feuille de route semble de plus en plus difficile à tenir. En particulier, le développement d'Ares 1, le lanceur qui sera chargé de mettre sur orbite la nouvelle capsule Orion, a pris beaucoup de retard. La configuration inhabituelle de l'engin [image 2], dont le premier étage est constitué par un booster de la navette modifié, n'y est sans doute pas étrangère, même si la Nasa continue de défendre le concept. Quoi qu'il en soit, la situation est devenue délicate à gérer pour l'agence américaine, car un report d'une ou plusieurs années du premier vol opérationnel d'Orion signifierait un prolongement d'autant de la durée pendant laquelle les États-Unis seront privés d'un accès indépendant à l'espace. Au premier abord, la solution la plus simple à ce problème serait de repousser la date de mise à la retraite des navettes. Cependant, comme celles-ci représentent une part conséquente du budget annuel de la Nasa, leur maintien en service ralentirait encore plus le développement d'Ares 1. De même, il a été envisagé outre-Atlantique de ne plus financer la Station Spatiale Internationale au-delà de 2015, mais cette option, en plus de s'opposer au souhait des autres partenaires du projet (qui comptent l'exploiter au moins jusqu'en 2020), aurait un impact direct sur Orion : prêt en 2016, le nouveau vaisseau n'aurait aucune destination où se rendre, du moins pas avant que le lanceur lourd Ares 5 - indispensable pour les missions lointaines - soit à son tour opérationnel. Dans ce contexte, des voix s'élèvent pour demander l'abandon d'Ares 1 et 5 au profit de lanceurs plus faciles et plus rapides à concevoir. Ainsi, les partisans du projet Direct proposent une fusée en ligne reprenant en l'état les boosters de la navette ainsi que, avec de légères modifications, son réservoir externe [image 3]. D'autres ont même imaginé de conserver l'architecture de la navette, mais en remplaçant l'orbiteur actuel par une coiffe pouvant accueillir, selon les besoins, un étage propulsif supplémentaire, du fret pour l'ISS, le module lunaire, ou la capsule Orion [image 4]. D'autres encore souhaiteraient améliorer des lanceurs commerciaux déjà existants, tels que l'Atlas 5 de Lockheed Martin ou la Delta 4 de Boeing, afin de les qualifier pour les vols habités. On le voit, les alternatives ne manquent pas. Pour tenter d'y voir un peu plus clair, l'administration Obama a mis en place un comité d'experts chargé de passer en revue l'ensemble du programme de vols habités américain et d'émettre des recommandations sur les grandes décisions à prendre dans ce domaine. Ce comité est dirigé par Norman Augustine, ancien PDG de Lockheed Martin et ancien président de l'Institut Américain de l'Aéronautique et de l'Astronautique (AIAA). Bien que les experts ne doivent rendre leurs conclusions définitives qu'à la fin du mois, il paraît d'ores et déjà acquis, d'après certaines de leurs déclarations publiques, qu'ils recommanderont au moins un vol de navette supplémentaire, un réservoir externe étant disponible pour cela. On sait aussi que le scénario appelé "Mars Direct" qui, comme son nom l'indique, consistait à viser directement la Planète Rouge sans passer par la Lune, ne fera pas partie de la liste des stratégies possibles que le comité exposera au président Obama. Les autres options sont en revanche toujours envisagées, mais il semble tout de même peu probable que le comité préconise un changement de cap radical, et ce en raison principalement des sommes déjà investies dans le nouveau lanceur Ares 1... Principales sources d'informations : Spaceflight Now, Flashespace. La dernière mise à jour de cette page a été effectuée le vendredi 14 août 2009. |
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