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Encelade, tant qu'il est encore tempsPublié le mardi 24 novembre 2009Le mois de novembre a donné lieu à deux survols rapprochés d'Encelade par la sonde américaine Cassini, successivement le 2 et le 21, à 103 et 1 606 km d'altitude. Cette double rencontre constituait la dernière occasion d'observer le pôle sud de la petite lune saturnienne, qui sera bientôt plongé dans la nuit hivernale pour plusieurs années, et les planétologues ne voulaient donc pas en perdre une miette. Mais qu'est-ce qui peut bien les intéresser à ce point, au juste, sur ce corps glacé d'à peine 500 kilomètres de diamètre (l'équivalent de la distance Paris-Bordeaux), presque dix fois plus éloigné du Soleil que notre planète ? Pour le savoir, il suffit d'un simple coup d'œil à l'image 1 ci-dessous, acquise le 2 novembre par la caméra ISS de Cassini : le pôle sud d'Encelade expulse de la matière dans l'espace ! Découverts en 2005, ces panaches sont émis depuis de grandes fractures surnommées "tiger stripes" ("rayures de tigre") en raison de leur parallélisme [image 2]. Ils sont principalement composés de vapeur d'eau et de particules de glace, mais y ont aussi été détectés du sodium ainsi que des molécules organiques, les fameuses "briques du vivant". Bien que Cassini soit déjà passée à moins de 100 kilomètres d'Encelade par le passé, le survol du début du mois est celui qui lui a permis de plonger le plus profondément à l'intérieur des panaches, ce grâce à une trajectoire plus favorable. Il a d'ailleurs fallu s'assurer au préalable que la sonde ne courrait aucun danger avant d'autoriser la manœuvre ! Lors de la traversée des jets, des analyses in situ ont pu être réalisées grâce à un spectromètre de masse embarqué, et comme Cassini était au plus près de la source, les scientifiques attendent des résultats encore plus précis qu'auparavant. En particulier, ils espèrent pouvoir distinguer sans ambiguïté le diazote du monoxyde de carbone, ce qui n'avait pas été possible avec les données précédentes, trop bruitées. Outre ces analyses de composition, les deux survols de novembre ont permis de récolter des clichés très détaillés de la région polaire sud [images 3 et 4], ainsi que des relevés de température, là encore avec une précision encore jamais atteinte. Tout ceci devrait aider les planétologues à mieux comprendre la géologie des tiger stripes et à mieux cerner le processus qui donne naissance aux panaches. Sur ce dernier point, deux modèles principaux sont actuellement en compétition : l'un met en jeu un vaste réservoir souterrain d'eau liquide, tandis que le second ne fait appel qu'à de la sublimation en surface. Le premier est bien entendu le plus excitant, puisqu'en présence d'eau liquide, d'une source de chaleur (les marées saturniennes) et de substances organiques, Encelade deviendrait un candidat très sérieux pour la recherche de formes de vie primitive dans le système solaire... Principales sources d'informations : JPL, Space.com (1), Space.com (2). La dernière mise à jour de cette page a été effectuée le mardi 24 novembre 2009. |
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