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L'actualité du mois de novembre 2011Objectif Mars : MSL s'élance, Phobos Grunt calePublié le dimanche 27 novembre 2011Profitant d'une configuration planétaire favorable qui ne se présente que tous les 26 mois, les États-Unis et la Russie viennent tous deux de lancer une sonde à destination de Mars. MSL/Curiosity, le laboratoire roulant de la Nasa, s'est envolé sans encombre hier après-midi. Phobos Grunt, premier vaisseau interplanétaire russe depuis 1996, a eu en revanche moins de succès et ne pourra pas accomplir sa mission... La fusée Atlas 5 remplit son contratMSL/Curiosity est le successeur de Spirit et Opportunity, les deux rovers déposés sur Mars en janvier 2004, et dont le second fonctionne toujours aujourd'hui. D'une masse de 3,9 tonnes au décollage, dont 900 kilos pour le rover lui-même, il "pèse" aussi la modique somme de 2,5 milliards de dollars. L'enjeu du projet est donc absolument considérable pour la Nasa, et ce d'autant plus dans le contexte budgétaire difficile qu'elle connaît actuellement et qui remet en cause l'avenir du programme d'exploration de la Planète Rouge (lire à ce sujet l'article du 15 octobre). C'est à une fusée Atlas 5 qu'a été confiée la lourde responsabilité de lancer MSL. Si on excepte la défaillance d'une batterie du système d'autodestruction qu'il a fallu remplacer, entraînant un report du tir d'une journée, l'engin a parfaitement rempli sa mission. Après avoir décollé hier après-midi à 15h02 TU (16h02 heure française) de son pas de tir de Cap Canaveral, en Floride [image 1], il a libéré la sonde sur sa trajectoire de transfert Terre-Mars à 15h46 TU. La séparation a même été diffusée en direct sur Nasa TV grâce à une caméra embarquée [image 2] ! Début août 2012, après un voyage de 570 millions de kilomètres comportant plusieurs corrections de trajectoire, MSL pénétrera dans l'atmosphère de Mars et se posera à l'intérieur du cratère Gale (150 kilomètres de diamètre). Là-bas, à l'aide de ses dix instruments scientifiques, il étudiera l'environnement et les roches afin d'évaluer l'habitilité passée et présente de la planète. Sa mission devrait durer au moins une année martienne, c'est-à-dire deux années terrestres environ. Coup dur pour la RussieLe souvenir de Mars 96 est encore douloureux pour l'industrie spatiale russe et pour les chercheurs du monde entier qui y avaient participé. Ce projet ambitieux consistait en l'envoi d'un imposant orbiteur martien (six tonnes !) équipé de 26 instruments ainsi que de deux stations de surface et de deux pénétrateurs. Le tout était malheureusement retombé dans l'atmosphère terrestre suite à une défaillance de la fusée Proton chargée du lancement. Depuis lors, la Russie avait abandonné l'exploration robotique du système solaire... et Phobos Grunt devait marquer son grand retour. Doté d'un budget beaucoup plus réduit que le rover MSL (160 millions de dollars), Phobos Grunt était pourtant, par certains aspects, plus ambitieuse. Comme son nom l'indique ("grunt" signifie "sol" en russe), la mission avait pour objectif principal de se poser à la surface de Phobos, la plus grosse des deux lunes de Mars, et d'en ramener un échantillon sur Terre pour analyses. Par ailleurs, Phobos Grunt devait aussi emporter avec elle un satellite chinois de 115 kilos baptisé Yinghuo 1, destiné à se placer sur orbite autour de Mars pour deux ans d'observations scientifiques. Hélas, on ne saura probablement jamais si ces objectifs auraient pu être atteints, car les deux appareils n'ont pas pu quitter l'orbite terrestre. Pourtant, tout avait très bien commencé : contrairement à celui de Mars 96, le lancement s'était déroulé sans anomalie ; la fusée Zenit 2FG avait libéré ses passagers sur orbite environ onze minutes après son décollage de Baïkonour, le 8 novembre dernier à 20h16 TU [image 3]. Mais le module propulsif qui était censé s'allumer à deux reprises ensuite pour l'injection sur la trajectoire de transfert Terre-Mars ne l'a jamais fait. Pire, le contact radio avec la sonde a été perdu pendant deux semaines, transformant le rêve de reconquête en un véritable cauchemar pour les ingénieurs russes. Une lueur d'espoir est finalement apparue ce mercredi 23 novembre, lorsque l'Agence Spatiale Européenne a annoncé à avoir reçu un signal de Phobos Grunt, après un grand nombre de tentatives infructueuses [image 4]. Même si la communication reste difficile (au moment où sont rédigées ces lignes, à peine trois contacts de courte durée ont pu être établis), cela pourrait permettre de comprendre pourquoi le module propulsif n'a pas rempli sa tâche, voire de reprendre le contrôle de la sonde. Car s'il est d'ores et déjà trop tard pour l'envoyer vers Mars (la fenêtre est refermée), cela épargnerait au moins aux Russes l'humiliation de voir leur appareil se désintégrer dans l'atmosphère terrestre pendant que celui des Américains file tranquillement vers son objectif. Principales sources d'informations : dossier de presse officiel pour le lancement de MSL (document PDF, 5,5 Mo), Nasa TV, Russian Space Web, Esa, Wikipedia. |
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