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L'actualité du mois de janvier 2012Phobos Grunt, l'épilogue du feuilletonPublié le dimanche 15 janvier 2012Les lois de la mécanique orbitale sont implacables : si un objet est placé sur une trajectoire trop basse et qu'il est incapable de rehausser celle-ci régulièrement, le frottement atmosphérique va peu à peu le freiner et provoquer sa retombée sur Terre. C'est le triste sort qu'a subi aujourd'hui la sonde russe Phobos Grunt, dont les débris sont vraisemblablement tombés dans l'océan Pacifique, au large du Chili, vers 17h45 TU (18h45 heure de Paris)*. D'un coût estimé à 160 millions d'euros, cette mission marquait le retour de la Russie dans l'exploration du système solaire, quinze ans après le retentissant échec au lancement de la sonde Mars 96. L'objectif principal était de prélever puis de rapporter sur Terre (en août 2014) des échantillons de la surface de Phobos, la plus grande des deux lunes martiennes. Le projet bénéficiait de plusieurs contributions étrangères, parmi lesquelles un spectromètre Mössbauer (Allemagne), un microscope visible et infrarouge (France), une expérience sur la survie de microorganismes dans l'espace (États-Unis), mais aussi et surtout le petit orbiteur Yinghuo 1, fourni par la Chine. Le 8 novembre dernier, Phobos Grunt était placée avec succès sur orbite basse par une fusée Zenit 2FG tirée depuis le cosmodrome de Baïkonour. Elle devait ensuite s'extraire par elle-même de cette orbite d'attente et s'élancer vers Mars et Phobos pour un voyage de onze mois. Mais son module de propulsion, dérivé de l'étage de fusée Fregat, n'a effectué aucune des deux manœuvres qui lui incombaient, et ce pour une raison toujours inconnue. Phobos Grunt se retrouvait donc bloquée sur son orbite d'attente, probablement le pire des scénarios imaginables. En effet, les satellites situés à basse altitude traversent le ciel très rapidement - en quelques minutes - pour un observateur au sol, ce qui complique grandement les communications dans le cas d'un engin qui n'a pas été conçu pour cela. Il faudra attendre le 23 novembre pour qu'un premier contact soit établi, depuis la station européenne de Perth, en Australie. Hélas, cela ne suffira pas. Seuls deux autres contacts seront établis dans les jours suivants (un depuis Perth et un depuis Baïkonour), avant que la sonde ne redevienne muette. Des tentatives - que l'on peut qualifier de désespérées - seront ensuite menées pour lui ordonner d'allumer ses propulseurs, là encore sans succès. Le dernier épisode du feuilleton pouvait alors commencer : celui de la rentrée dans l'atmosphère. Comme toujours en pareilles circonstances, des voix se sont élevées pour dénoncer le péril que représentait selon eux Phobos Grunt, décrit comme "le satellite le plus toxique de tous les temps". Il est vrai qu'avec ses onze tonnes d'hydrazine embarquées (et intactes en raison du non-allumage du module propulsif), la sonde bloquée sur orbite basse était devenue une épée de Damoclès. Toutefois, l'agence spatiale russe s'est empressée de rappeler que l'hydrazine avait toutes les chances d'exploser en vol dès que les réservoirs seraient percés. Au final, seuls 200 kilos de débris dispersés étaient attendus au niveau du sol. Les mers et les océans couvrant environ 70% du globe, la probabilité est toujours plus grande pour qu'un satellite y chute plutôt que sur les terres émergées (et a fortiori sur les zones habitées). Cela s'est à nouveau vérifié aujourd'hui. Phobos Grunt est donc retombée sur Terre sans causer de dégâts et loin des regards : comme pour faire valoir son droit à l'oubli ? Principales sources d'informations : Russian Space Web, The Planetary Society blog, Wikipédia.
*Selon les informations préliminaires disponibles lors de la rédaction de cet article. |
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