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L'actualité du mois de février 2012Vega rejoint Ariane 5 et SoyouzPublié le lundi 13 février 2012La famille de lanceurs voulue par l'Europe pour son port spatial de Guyane Française est désormais au complet. Après les deux premières missions réussies de la fusée russe Soyouz depuis son pas de tir flambant neuf de Sinnamary (lire à ce sujet l'article du 21 octobre 2011), c'était aujourd'hui au tour de la "petite dernière", Vega, de faire ses débuts à Kourou, à l'endroit même d'où s'était envolée en décembre 1979 la toute première Ariane. Et le succès a été une nouvelle fois au rendez-vous ! Le décollage a eu lieu dès l'ouverture de la fenêtre, à 10h00 TU (soit 11h00 heure de France métropolitaine et 7h00 heure locale) : propulsée par son premier étage à propergol solide (comme les boosters d'Ariane 5), Vega s'est envolée à grande vitesse dans le ciel guyanais légèrement nuageux. La suite des événements a elle aussi été très rapide : après moins de six minutes, les trois premiers étages ainsi que la coiffe avaient tous été largués. L'étage supérieur Avum, le seul employant des ergols liquides et le seul à pouvoir être allumé et arrêté à plusieurs reprises, a alors pris le relai pour assurer le placement des charges utiles sur des orbites précises. À 10h55 TU, le satellite italien Lares était libéré à 1 450 kilomètres d'altitude. D'une masse d'environ 400 kilos, cette sphère d'un peu moins de 40 centimètres de diamètre est équipée sur toute sa surface de réflecteurs qui permettront son suivi par télémétrie laser, dans le but d'étudier l'effet Lense-Thirring, par lequel notre planète, en tournant sur elle-même, déforme très légèrement l'espace-temps autour d'elle. La séparation des autres charges utiles, le microsatellite Almasat 1 (12,5 kilos) et les sept picosatellites CubeSat (un kilo chacun), a été effectuée vers 12h10, après le troisième allumage de l'étage Avum. Standing ovation en salle JupiterÀ l'annonce de la réussite de la mission, les principaux responsables présents dans la salle de contrôle Jupiter ont laissé éclater leur joie et leur émotion, rapidement imités par les personnalités se trouvant dans la zone réservée aux invités, qui ont applaudi debout pendant plusieurs minutes. Les déclarations officielles ont dû attendre que les innombrables poignées de main et autres accolades prennent fin. Une fois le calme revenu, c'est en italien que s'est exprimé Jean-Jacques Dordain, directeur général de l'Esa, soulignant par là le rôle de leader joué par l'Italie dans le développement de Vega*. Il a ensuite remis symboliquement une petite maquette de la fusée à Jean-Yves Le Gall, PDG d'Arianespace. La société sera chargée de la commercialisation et de la mise en œuvre de Vega dès son prochain vol. Peu chère, optimisée pour les charges légères et très flexible quant aux orbites visées, Vega complétera efficacement ses deux grandes sœurs Ariane 5 et Soyouz, davantage adaptées aux lancements de satellites commerciaux vers l'orbite géostationnaire et au déploiement de constellations comme Galileo. Ce sont les missions institutionnelles (observation de la Terre, démonstrateurs technologiques...) qui devraient bénéficier en premier lieu de ses services, elles qui étaient jusqu'à présent lancées essentiellement par des missiles intercontinentaux reconvertis (Dnepr, Rockot), bon marché au lendemain de la chute de l'URSS mais dont les stocks commencent à s'épuiser aujourd'hui. Principales sources d'informations : Esa (direct vidéo du 13 février), dossier de presse officiel (version française, document PDF, 5,6 Mo).
*Vega est financé à près de 60% par l'Italie et à 25% par la France, les autres contributeurs étant la Belgique, l'Espagne, les Pays-Bas, la Suisse et la Suède. |
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