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Éditoriaux : les archives de l'année 2010Navettes : le temps des dernièresPublié le mercredi 12 mai 2010Si tout se déroule comme prévu, la navette américaine Atlantis devrait décoller après-demain soir du centre spatial Kennedy, en Floride, et ce, pour la toute dernière fois. La mission STS-132 est en effet l'ultime vol assigné à cet orbiteur, qui devrait donc rester définitivement au sol ensuite, sauf s'il fallait - mais c'est hautement improbable - lancer une opération de sauvetage lors de la dernière mission d'Endeavour, actuellement programmée pour novembre 2010. Il va falloir s'y faire, le temps des navettes est désormais pratiquement révolu. Après la perte de Columbia le 1er février 2003, la Nasa avait décidé de remettre en service sa flotte, mais uniquement dans le but d'achever la Station Spatiale Internationale, qui ne pouvait l'être autrement. C'est maintenant chose faite (ou presque) et c'est donc en toute logique que les navettes vont être mises à la retraite. On peut bien sûr s'en attrister, avec le cœur comme avec la raison, argumenter que l'engin n'a jamais été aussi fiable qu'aujourd'hui (en attestent les images des caméras embarquées sur le réservoir externe), ou qu'il avait enfin une véritable vocation (la desserte régulière d'une station orbitale). Ces sujets ont déjà donné lieu à de nombreux et longs débats aux États-Unis comme ailleurs, et il serait vain de les répéter ici. La décision est prise, et elle semble de plus en plus irrévocable. Avec les derniers vols de la navette, c'est une grande page de l'histoire de la conquête spatiale qui se tourne. Un chapitre entier même, qui couvre près de 30 ans sur les 53 qui nous séparent de Spoutnik. Bien sûr, le programme a connu deux accidents dramatiques, qui ont coûté la vie à quatorze personnes, et brisé autant de familles. Mais il a aussi connu des heures de gloire : on citera par exemple les réparations de satellites (Solar Max, Intelsat 6), les lancements de sondes interplanétaires (Magellan, Galileo, Ulysses), le déploiement et les maintenances de Hubble, les rendez-vous avec la station russe Mir, sans oublier le pharaonique projet de l'ISS, dont la construction aura pris plus de douze ans. On ne compte pas non plus les "premières" et autres records accomplis ou battus grâce à la navette : premier vaisseau spatial réutilisable, ailé, et se posant sur roues, record du nombre de passagers à bord (huit), record de la personne la plus âgée dans l'espace (John Glenn, 77 ans), première sortie extravéhiculaire sans aucune attache, etc. Et la liste est encore longue ! Mais vient maintenant le temps des "dernières" : dernières missions, dernières images, dernières émotions. L'oiseau spatial tire sa révérence, alors saluons sa belle carrière, résumée ici en bien trop peu de mots. Saluons aussi tous les astronautes, hommes ou femmes, américains ou non, qui ont eu le privilège de monter à son bord. Saluons enfin les gens de l'ombre, tous les anonymes qui ont contribué de prêt ou de loin à sa conception, sa fabrication, son entretien, son amélioration et sa fiabilisation. Car au-delà de l'épopée technologique, le programme navette aura été aussi et surtout une aventure humaine, parfois douloureuse, souvent spectaculaire, et toujours passionnante.
La dernière mise à jour de cette page a été effectuée le mardi 12 avril 2011. |
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