Mardi 14 février
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Galerie : Mercure vue par Messenger
IntroductionMessenger a été lancée le 3 août 2004 par une fusée Boeing Delta 2 tirée depuis Cap Canaveral. Sa destination : Mercure, planète la plus proche du Soleil, qui n'avait alors été approchée que par une seule sonde (Mariner 10, en 1974-1975), à laquelle elle n'avait révélé que la moitié de sa surface environ. L'un des principaux objectifs de la mission est donc évidemment de compléter la cartographie de la petite planète. Cette tâche incombe au MDIS (Mercury Dual Imaging System), un dispositif d'imagerie constitué de deux caméras de résolution différente. Mais le vaisseau embarque aussi d'autres instruments de pointe (un altimètre laser, un magnétomètre et plusieurs spectromètres), signe que la Nasa vise au-delà de la simple cartographie. Entre son départ de la Terre et son insertion sur orbite mercurienne, en mars 2011, Messenger aura voyagé plus de six ans et demi dans l'espace. Mais ce long périple est heureusement ponctué de manœuvres d'assistances gravitationnelles, qui sont autant d'occasions de photographier les corps approchés. C'est ainsi que la sonde a déjà renvoyé des clichés de trois planètes différentes : la Terre et Vénus (voir la section Autres images), mais aussi et surtout Mercure, survolée à deux reprises en 2008 puis une nouvelle fois en septembre 2009. Ces reconnaissances ont permis de lever le voile sur une grande partie des régions non observées par Mariner 10, même s'il faudra bien entendu attendre la phase orbitale pour une couverture complète en haute résolution. Quoi qu'il en soit, les découvertes et les surprises sont déjà nombreuses, comme vous pourrez le constater en visitant cette galerie ! Premier survol
Objectif en vue !
Cette image est un montage de quatre clichés réalisés par la caméra à angle étroit de Messenger entre le 9 et le 13 janvier 2008. Entre ces deux dates, la distance entre la sonde et la planète est passée de 2,7 millions à 760 000 kilomètres, ce qui permet de voir très clairement le croissant mercurien grossir à vue d'œil.
Sur cet agrandissement du quatrième croissant de l'image précédente, on commence à percevoir les premiers cratères mercuriens, en particulier à proximité du terminateur, c'est-à-dire à la limite entre l'hémisphère diurne et l'hémisphère nocturne. Il faut dire que c'est dans cette zone que la lumière solaire est la plus rasante et donc que les ombres portées sont les plus importantes, ce qui fait ressortir davantage les reliefs. Résolution intermédiaire Résolution maximale (28 Ko) Mercure comme vous ne l'avez jamais vue
Réalisé environ 80 minutes avant le passage de la sonde au plus près de sa cible, ce cliché de la caméra grand angle dévoile à peu près la moitié de l'hémisphère inconnu de Mercure. On y découvre notamment le bassin Caloris dans sa totalité (en haut à droite), alors que Mariner 10 n'avait pu en observer que la partie orientale. L'intérieur de ce gigantesque cratère - c'est l'un des plus grands du système solaire - apparaît plus brillant que les plaines environnantes, ce qui pourrait traduire une différence de composition. On note aussi la présence au sein de Caloris d'étranges cratères aux rebords sombres. Enfin, la région dévoilée par Messenger montre de grandes failles comparables à celles découvertes en d'autres points de la planète par Mariner 10. Résolution intermédiaire Résolution maximale (0,3 Mo) Les images haute résolution
Cette image a été acquise par la caméra à angle étroit environ 37 minutes après le passage au plus près de la planète. Elle couvre une région de 370 kilomètres de large qui n'avait pas été photographiée par Mariner 10. On y observe d'innombrables cratères d'impact, dont un très brillant entouré de ses éjectas (en haut à gauche). On remarque aussi, à proximité, une chaîne de cratères probablement formée par la dislocation d'une météorite pendant sa chute vers la surface mercurienne. Résolution intermédiaire Résolution maximale (0,8 Mo)
Cette autre image de la caméra à angle étroit a été réalisée environ 21 minutes après le passage au plus près de la planète et à une altitude de 5 800 kilomètres. La région observée est traversée par une gigantesque faille au tracé curviligne, mise en évidence par les longues ombres que projette la lumière rasante. En bas, on peut voir qu'un impact météoritique a détruit une petite portion de l'escarpement. Résolution intermédiaire Résolution maximale (0,8 Mo)
Ce cliché a été pris 56 minutes après le passage au plus près de la planète, toujours par la caméra à angle étroit, alors que Messenger se trouvait déjà à une distance de 18 000 kilomètres. La région couverte mesure environ 500 kilomètres de large. Le cratère double visible en haut à droite avait été photographié par Mariner 10 et baptisé Vivaldi en hommage au célèbre compositeur italien. Il est ici plongé dans l'obscurité en raison du grand angle d'incidence des rayons lumineux, proche de 90°. En revanche, la vaste dépression située légèrement en-dessous et à gauche, et que Vivaldi recoupe partiellement, apparaît plus nettement. Ce genre de superpositions montre bien le niveau de complexité que peuvent atteindre certaines zones fortement cratérisées. Résolution intermédiaire Résolution maximale (0,6 Mo)
Cette image a été acquise le 14 janvier à 18h10 TU, soit 55 minutes avant le passage de la sonde au plus près de la planète. On y observe une grande variété de terrains : plaines lisses (au centre notamment), cratères avec ou sans pic central, zones de retombées d'éjectas, etc. Le cratère situé en bas à droite, qui mesure 200 kilomètres de diamètre environ, avait déjà été observé par Mariner 10 et nommé Cholem Aleichem en hommage au célèbre écrivain russe de langue yiddish. À l'intérieur de ses remparts, les ombres portées mettent en évidence des fractures linéaires qui ont déformées les dépôts lisses qui remplissent partiellement l'enceinte. La zone sombre dans le coin inférieur droit marque la limite entre le jour et la nuit : c'est le terminateur. Résolution intermédiaire Résolution maximale (0,4 Mo)
La caméra à angle étroit a photographié, dans l'hémisphère sud de Mercure (dans une région non cartographiée par Mariner 10), ce cratère de 52 kilomètres de diamètre qui présente en son centre une étrange structure d'effondrement en forme de combiné téléphonique. Celle-ci pourrait témoigner d'une activité volcanique passée à l'intérieur du cratère, mais sa géométrie est tout à fait inhabituelle. L'image a été acquise depuis une altitude de 19 300 kilomètres, tandis que Messenger commençait à s'éloigner de la planète. Elle couvre une région de 236 kilomètres de large. Résolution intermédiaire Résolution maximale (0,2 Mo)
Ce cliché a été réalisé durant le survol de l'hémisphère non observé par Mariner 10. Pointée en direction du pôle sud, la caméra à angle étroit nous révèle ici une région cribblée de cratères. Ceux-ci semblent plus profonds dans la partie gauche de l'image, mais il ne s'agit en fait que d'un effet d'ombre lié à leur proximité avec le terminateur. Résolution intermédiaire Résolution maximale (0,4 Mo)
Ce cratère de 210 kilomètres de diamètre, photographié ici à proximité du terminateur par la caméra à angle étroit de Messenger, avait été découvert par Mariner 10 et baptisé Matisse en l'honneur du peintre français Henri Matisse, chef de file du mouvement fauviste. Cependant, de nombreux autres cratères apparaissant sur les clichés de Messenger n'avaient jamais été observés : ils recevront donc prochainement un nom officiel, attribué par l'Union Astronomique Internationale. Comme pour tous les cratères déjà découverts, ce nom rendra hommage à un artiste décédé. Résolution intermédiaire Résolution maximale (0,6 Mo)
Le bassin Caloris est l'un des plus grands cratères d'impact du système solaire. Son diamètre était estimé, d'après les images fournies par Mariner 10, à 1 300 kilomètres environ (cercle jaune). Mais la sonde n'avait pu photographier que sa portion orientale, l'autre étant plongée dans l'obscurité lors de ses différents passages. Heureusement, grâce à Messenger, nous disposons aujourd'hui d'une cartographie complète. Or, à la lumière de ces nouvelles données, il semblerait que le bassin soit encore plus grand qu'on ne le pensait et atteigne près de 1 550 kilomètres de diamètre (cercle bleu) ! Résolution intermédiaire Résolution maximale (3,1 Mo)
Nous venons de le voir avec l'image précédente, les clichés du bassin Caloris obtenus par l'instrument MDIS de Messenger ont permis de compléter ceux de Mariner 10, qui ne couvraient que sa partie orientale, et de révéler ainsi ses véritables dimensions. Mais ils ont également permis aux planétologues de découvrir cette étrange structure constituée de fractures radiales, qu'ils ont surnommé "the spider" ("l'araignée"). Ces fractures sont interprétées comme le résultat d'une extension affectant les dépôts qui ont rempli le bassin après sa formation. Quant au cratère d'environ 40 kilomètres de diamètre qui occupe le centre de la structure, ses relations avec cette dernière sont mal comprises : d'un côté, la géométrie de ses remparts semble avoir été influencée par la présence de fractures préexistantes, mais de l'autre, certaines des fractures paraissent avoir été engendrées par l'impact lui-même... Résolution intermédiaire Résolution maximale (3,4 Mo) Les mesures magnétiques
Ce diagramme montre l'intensité du champ magnétique (en nanoteslas) mesurée par le magnétomètre de Messenger en fonction de la distance à la planète exprimée en rayons mercuriens. Il met en évidence l'onde de choc (bow shock en anglais), qui est la zone où le vent solaire commence à être freiné par le champ magnétique mercurien, ainsi que la magnétopause, qui est la frontière de la magnétosphère, c'est-à-dire la région de l'espace à l'intérieur de laquelle les particules du vent solaire ne peuvent pas pénétrer (ou du moins pas directement). Les observations magnétiques de Messenger ont en outre montré l'absence autour de Mercure de ceintures de radiations similaires à nos ceintures de Van Allen. Résolution intermédiaire Résolution maximale (1,2 Mo)
Cette illustration présente trois questions importantes relatives au champ magnétique mercurien auxquelles devait répondre ce nouveau survol de la planète. Premièrement, en haut à gauche : le champ intrinsèque est-il dipolaire ? La réponse est oui, le champ magnétique de Mercure peut être décrit comme un champ dipolaire, légèrement incliné (d'environ 10°) par rapport à l'axe de rotation de la planète. Deuxièmement, en haut à droite : le champ a-t-il changé depuis Mariner 10 ? Non, pas de manière significative. Certes, l'intensité mesurée est environ 30% plus faible mais cela est due à la différence de trajectoire entre les deux sondes. Après correction de ce biais, les mesures de Messenger s'avèrent en fait très proches de celles de Mariner 10 et ne permettent pas de mettre en évidence une quelconque variation séculaire, même minime. Enfin, en bas à gauche : y a-t-il des anomalies crustales comme sur Mars ? La réponse est non, pas dans les régions étudiées à basse altitude. Résolution intermédiaire Résolution maximale (1,9 Mo) Haut de la page Deuxième survol
Le deuxième survol de Mercure par Messenger a eu lieu le 6 octobre 2008. Troisième survol
Le troisième survol de Mercure par Messenger a eu lieu le 29 septembre 2009. Sur orbiteLa mise sur orbite de Messenger autour de Mercure est prévue le 18 mars 2011. Autres images
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