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Emblème
Créé par l'artiste Robert McCall, l'emblème de STS-1 représente Columbia au décollage et en orbite autour de la Terre, illustrant ainsi l'objectif de la mission, à savoir tester le nouveau vaisseau spatial américain. On peut également remarquer sur l'image que pour ce vol le réservoir externe est peint en blanc, ce qui ne sera plus le cas dès STS-3. Informations générales
*Poids de l'orbiteur Équipage
Pour commander la première mission de son nouveau vaisseau spatial, la Nasa a sélectionné l'un de ses astronautes les plus expérimentés, John Young. Ce dernier compte alors déjà quatre vols à son actif : Gemini 3, Gemini 10, Apollo 10 et enfin Apollo 16, au cours duquel il a marché sur la Lune aux côtés de Charles Duke. Son coéquipier Robert Crippen, par contre, réalise avec STS-1 son baptême de l'espace. L'équipage de réserve est composé de Joe H. Engle (doublure de Young) et de Richard H. Truly (doublure de Crippen), tous deux américains. ObjectifsL'objectif de ce vol inaugural de la navette américaine est tout simplement de qualifier le nouvel engin. En effet, même si de nombreux tests ont bien sûr été effectués au sol avant de lancer la premième mission, certaines phases n'ont pas pu pas être simulées, notamment la rentrée dans l'atmosphère. La mission consiste donc à décoller, se placer sur orbite, tester l'ensemble des systèmes de la navette, réaliser quelques manœuvres, rentrer dans l'atmosphère et enfin se poser en douceur. En revanche, aucune sortie extravéhiculaire n'est au programme. La charge utile embarquée pour ce premier vol est minimale : elle consiste simplement en un ensemble de capteurs servant à mesurer les performances de l'orbiteur et les contraintes subies au cours des différentes phases de la mission. DéroulementIl est 7h du matin (heure locale), le 12 avril 1981, lorsque la navette Columbia s'élève pour la première fois du pas de tir 39A du Kennedy Space Center [image 3]. Le lancement, qui était prévu l'avant-veille, a été retardé à cause d'un problème de synchronisation des ordinateurs de bord. Mais cela n'a désormais plus beaucoup d'importance pour le million de personnes qui ont convergé vers la Floride et qui assistent, dans un vacarme assourdissant, au décollage de l'avion spatial. Celui-ci s'éloigne ensuite rapidement, largue ses deux boosters après 2 min 15 s de vol [image 4] puis son réservoir externe après un peu moins de neuf minutes. Quelques secondes plus tard, Young allume les moteurs orbitaux pour satelliser la navette : la première phase de la mission est un succès ! Vers 8h20, les portes de l'immense soute (18 m de long) sont ouvertes. Cette dernière est pratiquement vide [image 5] mais l'opération est malgré tout indispensable car à l'intérieur se trouvent les panneaux destinés à évacuer la chaleur produite par les équipements de bord. Les astronautes et les ingénieurs au sol s'aperçoivent alors qu'il manque des tuiles de la protection thermique sur la partie arrière de l'orbiteur, plus précisément sur les moteurs OMS (Orbital Maneuvering System). Heureusement, les températures atteintes à cet endroit lors de la rentrée dans l'atmosphère sont relativement faibles. En revanche, la perte de tuiles situées sur le "ventre" s'avérerait beaucoup plus problématique. La Nasa demande donc à l'US Air Force de photographier l'engin lors de son passage au-dessus de Hawaii afin de contrôler le bon état de son bouclier thermique. Certaines sources évoquent aussi des observations par satellite... Quoi qu'il en soit, la Nasa déclare finalement Columbia apte à revenir sur Terre. La deuxième journée permet de tester tous les systèmes de l'orbiteur. Une série de manœuvres est ainsi réalisée lors de la 17e révolution, avec Young aux commandes. Le 14 avril, les deux astronautes se préparent pour le retour sur Terre. Vers 13h20 TU, ils revêtissent leur combinaison, se sanglent à leur siège puis enclenchent la fermeture de la soute. L'allumage des moteurs OMS permet de désorbiter Columbia, qui entament ensuite la rentrée dans l'atmosphère vers 17h50. Quelques minutes plus tard, le contact radio est coupé en raison de l'ionisation de l'air qui entoure la navette. À 18h08, les communications sont rétablies et Columbia entame une série de virages destinées à réduire son altitude et sa vitesse. Finalement, à 18h20, le vaisseau se pose en douceur sur la piste 23 de la base de l'US Air Force d'Edwards, en Californie [image 11]. Là encore, des centaines de milliers de personnes sont venues assister à l'événement et applaudissent l'exploit réalisé par Young et Crippen. Ceux-ci descendent finalement de la navette à 19h24, après l'intervention des équipes chargées de sécuriser le vaisseau (il existe des risques d'intoxication et d'explosion liés aux résidus de carburant) [image 12]. À Houston, c'est bien sûr l'euphorie, mais l'heure est bientôt au bilan de ce premier vol. Les inspections menées après le vol révèlent que l'orbiteur a perdu seize tuiles de protection thermique et que 148 autres ont été détériorées. Le pas de tir du centre spatial Kennedy a quant à lui été fortement endommagé lors du décollage. Ces deux anomalies ont été provoquées par le manque d'efficacité du système d'inondation du pas de tir lors de l'allumage des boosters. Dès le vol suivant, ce système sera donc perfectionné. Un grand nombre d'autres problèmes ont aussi marqué cette mission, à tel point qu'il serait difficile d'en faire l'inventaire ici. Il ne faut toutefois pas perdre de vue qu'il s'agissait là d'un vol de qualification, qui plus est d'un vaisseau entièrement nouveau et probablement le plus complexe jamais construit. La mission STS-1 a vu l'accomplissement de plusieurs grandes premières dans l'histoire de l'astronautique : premier vol d'un vaisseau spatial réutilisable, premier vol d'un vaisseau doté d'ailes et se posant comme un avion, premier vol inaugural emportant un équipage, première utilisation de fusées d'appoint à propergols solides pour un vol habité et enfin premier décollage d'un vaisseau accollé à son réservoir de carburant. Arrêt sur image
Ce 12 avril 1981 ne marque pas seulement le vol inaugural de la navette américaine, c'est aussi la naissance d'un nouveau type d'engin, qui décolle comme une fusée et atterrit comme un avion. La mission des astronautes John Young et Robert Crippen est donc "simple" : prouver que le vaisseau fonctionne ! Ce premier vol est d'ailleurs riche en enseignements, en particulier sur les contraintes subies par l'orbiteur au cours de la rentrée dans l'atmosphère, phase qui n'a bien sûr pas pu être testée auparavant. La dernière mise à jour de cette page a été effectuée le lundi 12 octobre 2009. |
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